LE RAT COCAÏNOMANE DÉPRIME T-IL EN PÉRIODE DE SEVRAGE ?
Par Claire le lundi 12 mai 2008, 12:00 - RECHERCHE PUBLIQUE & ACADÉMIQUE - Lien permanent

En 2006, ma licence en poche, j'ai choisi de quitter l'école universitaire de Vendée (l'ICES) pour l'Université Claude Bernard à Lyon. La possibilité de faire un stage dans le laboratoire de Neuropharmacologie de la faculté de Pharmacie fut l'argument qui me poussa à traverser la France. Ce fut ma 1ère expérience de mobilité et depuis je laisse toujours les différentes opportunités qui s'offrent à moi guider mon parcours.
Au cours de mon stage dans ce laboratoire, j'ai travaillé avec le Dr. Anne Bérod, chargé de recherche, et Hélène Scarna, ingénieur de recherche. J'ai réalisé une étude préliminaire, portant sur la capacité du sevrage à la cocaïne à générer un état de dépression et d'anxiété.
Durant ce travail de recherche, je fut confrontée pour la 1ère fois à la réfutation d'une hypothèse et à l'expérience qui rate. J'ai donc du apprendre à remettre en question mes idées et à critiquer ma méthodologie expérimentale. Depuis, l'auto-évaluation est devenue une constante dans mon travail.
Voici le résumé vulgarisé de mon rapport de recherche intitulé "Étude comportementale du sevrage à la cocaïne chez le rat" :
La cocaïne est un psychostimulant. C'est à dire qu'elle accroît l'activité locomotrice en bloquant la libération de molécules chimiques dans le cerveau. De précédentes études chez le rat ont montré qu'un traitement continu avec cette drogue induisait une diminution de l'activité locomotrice au fil du temps. A l'inverse, une période de sevrage provoque une augmentation de l'activité locomotrice lors de nouvelles administrations de cocaïne Au début de ce sevrage, on peut également observer la survenue d'états anxieux et dépressif.
Mais qu'en est-il à plus long terme ? Pour le savoir, nous avons mesuré les niveaux d'activité locomotrice, d'anxiété et de dépression de rats traités à la cocaïne, à l'aide de tests comportementaux tout au long de leur sevrage. Les résultats obtenus n'ont pas permis de mettre en évidence d'états anxieux ou dépressif chez ces animaux. Par contre, une diminution de leur activité locomotrice a été observée.
Le sevrage à la cocaïne s'accompagne donc d'une diminution de l'activité spontanée des rats qui peut-être mis en parallèle avec les symptômes de fatigues observés chez l'homme.
EN ANNEXE : le résumé scientifique de mon rapport de recherche

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